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Les métamorphoses du cercle

Projet

Une musicienne fait vibrer son alto, un jongleur danser ses cerceaux. Tous deux jouent à créer des ondelettes sur un lac endormi, à entrer en relation avec nos rêves pour s’y lover et provoquer des battements.

 

Ils forment des cercles, les allongent, les réduisent à un point. Ils rentrent en communication avec nous dans le fertile territoire du mouvement.

 

La première passe de la musique baroque (Bach) à la musique d’aujourd’hui (création de Karl Naegelen) avec la même habileté que le deuxième passe d’un cerceau à l’autre… Ils nous convient au mouvement de leur aventureuse spirale.

 

"Je vois s’élargir des cercles, j’entends le ronflement des sphères…"

Flaubert, « La tentation de Saint-Antoine »

 

Le mouvement

Que l’on songe au Lied Gretchen am Spinnrade de Schubert et l’on ne pourra douter de la capacité proprement cinétique de la musique : sa propension à évoquer des images en mouvement. On est saisi par la manière dont le compositeur a su transformer le rouet en un motif musical entêtant que le piano égrène, support du chant pendant tout le Lied. Voilà pourquoi une musicienne jouant l’alto et un jongleur manipulant des cerceaux ont des choses à échanger : ils ont en commun le fertile territoire du mouvement.

 

Les métamorphoses du cercle (titre emprunté au critique littéraire Georges Poulet), sont l’occasion d’une confrontation entre deux champs expressifs dans un même espace de rencontre : celui de la vitesse, du mouvement.

Quitte à jouer de ces mouvements jusqu’au trop-plein, au dérèglement, car :

 

"Il y a des moments où la vie multiplie ses pulsations en dépit des lois du temps, comme une horloge folle dont la chaîne est brisée."

 

G. de Nerval

 

Programme

Ce spectacle est donc une sorte de digression-détour autour des cercles et de ses métamorphoses…

Il est une ode au mouvement perpétuel, ce mirage de la pensée, que nombre de scientifiques de toutes époques ont aimé rêver - cet impossible fécond. Aux escaliers du diable, celui d’Escher, celui de Ligeti.

 

Il est une évocation de ces mouvements qui voudraient nous faire croire qu’ils sont sans fin, autosuffisants ; mouvement des objets - toupies, moteurs… des humains - les derviches tourneurs...

 

Hommage à la figure du cercle, dans sa possibilité d’extension ou de rétrécissement jusqu’au point. A ces forces, centripètes et centrifuges. Aux plis du Baroque (à travers une partita de Bach) mis en regard avec les convulsions d’une œuvre nouvelle (de K. Naegelen) qui se développe autour d’un motif noyau tournoyant.

Evoquer la joie pure qui consiste à créer le mouvement autant qu’à se laisser conduire par lui, à élargir progressivement le cercle de nos sensations.

 

Cécile Brossard : alto

Sylvain Julien : cerceaux

Karl Naegelen : composition